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Une pitite adresse bien sympa... !!!

mercredi 28 mars 2007, par Olivier


Salut tout le monde ! Enfin ceux que je connais.... les autres je vais attendre de voir si ils sont sympas, sinon qu’ils aillent au diable !!!

Bon, moi je connais Pierre alias "le YETI" depuis plus de dix ans, et cela fait autant de temps que je partage ses joies et ses peines ( souvent liées à la gente féminine : "chui pas assez bien pour elle.....je la mérite pas......et patatipatata...)

Je mange régulièrement et sors régulièrement avec cet attila des apéros et pourtant, depuis cinq mois....plus rien....

Je m’interroge, me remet en cause... c’est ma faute ???? Je me lance.... "Allo Pierre !...."

"mouais..."

"je te réveille ?"

"Hum, mouais, chui mort ch’ai lut jusque tard dans la nuit, la culture c’est dur !!!"

"Pierre, merde il est 11h30, quoi tu fais ?"

"du gras !...."

"...mouais ! je t’attends dans trente minutes porte de saint ouen pour l’apéro...."

"hum...apéro...trente minutes....j’te laisse..."

Il est beau notre héro !

Quarante cinq minutes plus tard je vois mon pierrot arriver frais comme un gardon qui serait resté trois heures hors de l’eau et au soleil, c’est dire !!

— -Laure manaudou remporte un nouveau titre mondial à la télévision....

"Si Laure se reproduit avec son Italien, elle va nous faire un dauphin !" Pas de doute pierre est de retour...

"hé sinon tu as vu ce qui s’est passé à la gare du nord......violences.....libre arbitre......Sarkozy..... (moi je tente de boucler mon dossier, et c’est plutot difficile avec un pareil moulin à parole !)....c’est Royal qui l’a dit..."

"on va manger, j’connais un petit routier !"

"où ca ?"

"Ca s’appelle COTE CANAL, 56 rue Ambroise Croizat 93200 SAINT DENIS tel : 01 49 17 10 68."

"connais pas..."

"en route..."

"Sarkozy......Royal.... Bayrou......Samuel......Arlindo.......les femmes..... le canada....ma mère...mes soeurs.....(quinze minutes plus tard nous sommes arrivés, la devanture coupe la chique à notre infatiguable pierrot)"

"nous y sommes"

"ben merde alors ! un autentique routier à cinq minutes de Paris....j’espère que c’est bon, j’ai un petit dej de retard...."

COTE CANAL c’est un petit routier à l’ancienne, il faut connaitre pour y arriver....Les alentours pas franchement jovial, seul point positif le canal qui fait face....On se gare....

Pierre a demi inquiet et émerveillé de trouver un endroit encore inconnu de ses papilles s’avance.... ....il s’arrête, me regarde comme pour me demander l’autorisation de continuer... ...percevant dans mon regard l’accord tant espéré, il s’avance, son imagination galope, la facade décrépie, le haut vent marron affichant fièrement l’identité du lieu, une terrasse inexistante, une large baie vitrée dont les carreaux pourtant propres ne laisse pas les regards indiscrets filtrer, pierre est aux abois... ...nouveau regard interrogatif....de nouveau un accord...pierre tire la porte vers lui, le brouhaha lui claque le visage, le regard percant du patron le fige... ....me voyant également dans l’encadrement, le patron sans mot piper nous désigne un coin du bar... ....Pierre s’avance tel une petite chose et se place à l’endroit désigné, la serveuse nous adresse un chaleureux bonjour et court rejoindre la quarantaine de ventres affamés et avinés, le cuistot, un colosse d’un mètre quatre vingt dix pour cent trente kilos de savoir faire se présente dans l’encadrement cherche la serveuse du regard et l’informe de son regard percant que la suite est prete... ...Pierre étourdi par cette ambiance, dévisage tour à tour les cleints, des mines pathibulaires qui s’exprime sur tout et sur rien sans honte et de manière parfaitement intelligible, la clientèle est essentiellement masculine les rares femmes présentes ont un sens de la répartie développé largement au dessus de la moyenne. Les hommes sont grands ou petits,trapus ou gringalets, mais tous ont un point en commun, ils travaillent et a en juger leur code vestimentaire et leurs regards, ils travaillent dur très dur, ils ont soif et ils ont faim....

...le visage de pierre s’illumine, il se sent à l’aise et laisse son coude gauche tater le zinc de ce lieu hors du temps.... ...rien n’échappe au patron... ce dernier sentant le gosier de notre ami pierre se resserer, ses pupilles se dilater, son rythme cardiaque s’accélérer, son regard s’illuminer, il vole vers notre ami Pierre, déplacant son mètre soixante cinq et ses cent kilo de bidoche au travers des embuches parsemant la face cachée de ce lieu, pour arriver tel un patineur en face de notre Pierre....

"Salut les gars, un beau temps de merde, on sait plus quoi mettre sur le cul, j’vous mets quoi, deux leffe ?"

"En avant patron !"....

...deux verres attrapés avec dextérité, ils virevoltent entre les doigts du patron, la pompe est actionnée laissant échapper une mousse épaisse, puis le sang du houblon, ce dernier emprisonné dans deux verres siglés au nom du brasseur, arrivent chahuté sur notre petit bout de territoire, duquel personne n’aura l’affront de nous déloger...

...ca pétille, la mousse est épaisse, le verre transpire, n’y tenant plus nous attrapons nos verres, les choquons et démarrons à notre tour une conversation inspirée du délire collectif dont nous sommes prisonniers....

....Les tables ne désemplissent pas....

"patron la même"

...le temps d’un regard de coté et nos victimes se dressent insolentes face à nous...d’un comment accord nous les empoignons et les assassinons à coup de lampées longues et savoureuses....nous n’avons fait qu’une bouchée des petites soeurs.....

....La serveuse nous indique que nous pouvons passer à table dès que nous le souhaitons....

....le regard de pierre se hasarde d’abord dubitatif sur le menu...son regard s’éclaire....puis une moue de contentement illumine son visage....

"Quand même, une entrée, un plat, un dessert, un quart de vin, et un café pour douze euros, c’est pas mal ! je sais déjà ce que je vais prendre..."

"patrons la même"

....Pierre n’oppose aucune résistance et se laisse guider par son imagination, et ce toujours en flattant son palais du houblon frais servi avec efficacité par notre hôte....

"Pierre on se pose ?"

"allez on est parti"

....pierre a abandonné toute resistance et dodeline tel un bouchon de pêche dans ce lieu l’ayant dors et déjà adopté....

....la commande est passée avec rapidité et efficacité.... l’entrée est servie nous refaisons le monde...l’entrée a impressionné notre pierrot....

"diantre ! la suite aubergiste".....Pierre est chez lui !

.....la suite arrive, fumante et copieuse, les yeux de pierre s’arrondissent, son ventre s’étire comme pour convaincre son appetit que la fête n’est pas finie....

....le pichet de vin arrive....pierre en fin connaisseur tâte sa robe le transperce de son regard d’expert, mais rien ne vaut une degustation...le pichet malmené par notre ami crache sous la contrainte son précieux breuvage....ce dernier expédié vers l’antre de notre pierrot national lache son arome et inonde le gosier de notre expert....

"merde alors, il est pas mal ! J’en ai bu des bien plus mauvais !! (comme pour s’assurer de ses conclusions notre ami d’une seconde lampée bien plus sévère confirme son verdict).

....Les hostilités peuvent commencer....

....un quart d’heure plus tard, la tête jetée en arrière, le ventre jeté en avant, pierre ploie sous l’effort.... ....la fin de son verre marque la fin du carnage.....

"tu prends un dessert ? moi je décare forfait !!!" ....Pierre forfait belle performance héhé.... "un dessert pitié, j’vais me prendre un café" "pareil"

.... la serveuse arrive égraine la carte des desserts, tout en vantant les mérites du fait maison....

honteux, mandons deux cafés...

....ces derniers avalés, regagnons le bar afin de régler la note....

"Pierre, un digestif ?"

"mouais, un calva..."

"patron un calva et un get"

....les doses pantagrueliques avalées, interpellons notre ami et lui demandons la note...."apéro, deux formules....le digo c’est pour moi...ca fait trente neuf euros"...

...Pierre est rond, il sourit...il réalise qu’il vient de se remplir la panse, de prendre une ptite toupie pour la modique somme de dix neuf euros cinquante....

...ses yeux se mouillent, l’émotion est à son comble, nous réglons la note, pierre discute avec le patron et quitte amer ce lieu de perdition sous mon impulsion....

....nous regagnons la voiture, pierre s’assied, son silence en dit long...il est seize heure, le retour se fait en silence...

"Pierre te voilà arrivé"

"merci mon gars, c’est quand tu veux pour une prochaine"

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