samedi 14 avril 2007, par Olivier
Quatre jours passés au soleil de Royan et me voila de nouveau dans la capitale. Le moral en berne, les lessives s’enchaînent.
Un ptit creux, rien dans le ventre a part trois tartines matinales, il est 16H00. Saisissant prestement la poignée du frigidaire, j’accède à ses entrailles. Désespérément vide ce dernier me gratifie de sa blancheur éblouissante et me renvoie à ma discussion avec mon estomac.
(J’appelle Pierre c’est son anniversaire ? Non je vais le faire mariner un peu)
"Céline y’a rien a manger ?"
"Non, je t’avais dit de faire les courses tu m’as dit au retour..."
"(putain c’est dur d’être fainéant) ...mais je pensais que tu avais au moins prévu des trucs pour le retour !! (un peu de mauvaise fois ne m’a jamais fait peur)"
"Non mais tu te fiches de moi ou quoi ?.........courses.......avant de partir.......prévoir......je te l’avais dit....... Tu m’écoutes ou pas ?"
"Oui pourquoi ?"
"Mouais"
Nous voila partis, encore de la voiture comme si les cinq cent kilomètres précédent n’avaient pas été suffisant. Stationnement sur le parking désert. Caddie et en route, les consignes de guerre sont égrenées par l’officier cantinier.
"On achète des produits frais, j’en ai marre de manger des trucs tout fait, et tu n’achètes pas n’importe quoi comme d’habitude......hé où tu vas ?"
"c’est bon j’ai compris j’ai plus dix ans".
(J’appel Pierre ? Non pas encore..)
La razzia commence.
"Olivier pourquoi tu prends autant de viande ?"
"On congèlera, je vais pas passer ma vie à faire des courses"
Céline rapide et efficace enchaîne choix judicieux et équilibrés, profitant de son ballet ininterrompu j’en profite pour glisser chocolats et saloperies sucrées au fond du caddie.
"Olivier vas me chercher des œufs s’il te plaît"
Hops un crochet à gauche un autre à droite, un tirage de langue à un marmot, un clin d’oeil à une octogénaire, j’attrape mes œufs avec grâce et dans un mouvement circulaire j’envoie dans une majestueuse arabesque un paquet d’oeuf vers une fin inéluctable.
Un coup d’oeil à droite, un autre à gauche et hops je m’enfuie rigolant encore de ma maladresse. Hum... elle a un drôle de regard ma moitié. L’air de rien je m’approche et dépose les œufs dans le caddie, jette un rapide coup d’œil pour constater que j’ai été démasqué.
"Dis donc olivier li y a des gens qui ont mis des trucs dans notre caddie, c’est dingue non ?"
"Y’a vraiment des maladroits ! (ce n’est que partie remise)"
Un téléphone sonne....personne décroche....il sonne toujours.....c’est pourtant pas bien compliqué de décrocher.....je connais cette sonnerie......merde c’est moi... !!
"Allo..... Pierre (merde j’aurais pas du tant attendre) qu’est ce tu veux ? Quoi boire un coup pour ton anniversaire mais je croyais que c’était demain (tant qu’a faire autant le faire enrager)" Il m’invective copieusement.... "Bon okay je ferais un effort pour toi !" De nouveau des noms d’oiseaux fusent ... "19H30 rue des Abbesses, au VILLAGE"
"Céline faut qu’on y va !"
"Ca y est tu t’es décidé à appeler Pierre pour son anniversaire"
"Oui oui.....dis donc t’as fait des courses pour ta sœur aussi ou quoi ?"
Ma carte bleue après avoir mendié pendant de longues secondes auprès de ma banque parvient contre tout attente à régler la note.
Retour sans encombre. Deux voyages pour parvenir à vider le coffre. Tout est déposé dans la cuisine et SHIVA agite ses bras. Deux sacs sont vides et je n’ai pas eut le temps de cligner d’un oeil.
"Olivier qu’est ce que tu fais ?"
"Attends je range je peux pas être partout"
Moi aussi je m’y mets sérieusement
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19H35.
On part à peine de la maison, on est à la bourre.
Le téléphone sonne. C’est Matthieu. Il geint. Le pôvre petit est en train de m’expliquer qu’il est fatigué qu’il a travaillé qu’il est à la gare du nord et qu’il n’arrive pas a contacter Pierre pour le rendez-vous.
Je lui explique alors avec pédagogie qu’il m’emmerde ! Je raccroche.
"Céline on doit aller où déjà ?"
"Je sais pas tu ne m’as rien dit..."
"C’est pas grave on y va"
Rue des Abbesses, ses cafés, ses restaurants, ses femmes, ses pavés, son stationnement réduit à sa portion congrue......une place de livraison....une rapide manoeuvre et nous voilà à deux pas du rendez-vous.
Je passe devant le VILLAGE. Je m’arrête. Ce nom me dit quelque chose....
La terrasse forte de ses quatre tables bistrot et de ses trente chaises accueillent autant de convives tous âgés de trente à cinquante ans.
Ici la biere est reine. Elle est accompagnée de cacahuète et d’olives distribuées sans radinerie. Partout sur la terrasse on devise.
A l’intérieur le serveur s’affaire, il n’a pas l’air à son aise, ses gestes maladroits et son regard perdu teinté d’un peu de panique devant tant de gosiers a chatouiller trahissent une inexpérience flagrante. Néanmoins le bougre s’attache à accomplir sa mission avec célérité.
La maîtresse des lieux d’un âge que nous tairons, a une mise en plie impeccable s’affaire autour des clients avec un savoir faire et une réelle sincérité. Ces derniers envoûtés par leur hôte profitent au grès des gorgées de ce lieux atypique.
Au fond de son antre le café révèle quatre têtes connues. On s’approche. Les trois mâles sont vautrés dans le coin, seule une jeune femme donne un semblant de dignité à ce tableau. Elle se tient droite et ses gestes précis contrastent avec le brouhaha de ses acolytes.
Tous s’arrêtent, nous dévisagent, leurs visages s’illuminent, ils ont l’air réellement content de nous voir.
A l’extrême gauche se trouve SAMUEL. C’est avec satisfaction que je croise son regard plein de cette espièglerie retrouvée, et son sourire en coin qui trahit ses pensées. Il ne me faut que quelques secondes pour constater que son esprit et sa langue ne font plus qu’un. Les bons mots fusent avec un à propos revigoré.
A côté de lui, Pierre, 30 ans depuis quelques heures. Les pupilles dilatées, il nous regarde et ne pipe mot. On l’embrasse, le félicite, une petite claque sur la joue pleine d’affection. Il a beau être entré dans le club de moins en moins restreint des trentenaires, c’est le seul a avoir pris un coup de vieux. (Je t’entends déjà râler !) Il est beau notre québécois. Les cheveux coupés courts, les tempes grisonnantes, une barbe de deux jours lui mange le visage (une barbe d’une semaine pour tout autre homme). Il porte avec élégance un simple t-shirt kaki.
Et voila notre couple infernal, Bérangère et Matthieu alias BONNIE & CLYDE. Devenus un peu plus casanier depuis qu’ils ont décidé de procréer, ils sont tout de même présent aujourd’hui malgré les jérémiades de clyde. Quand ces terreurs se déplacent, généralement ils ne font pas le voyage pour rien, la soirée promet d’être riche.
Clyde, trentenaire depuis peu me surprend. Sa mine de petit garçon destinée à se faire passer pour un ange alors que c’est un diable, elle ne me surprend pas. Notre ami porte un joli costume bleu qui lui sied à merveille. La chemise est impeccable, les deux derniers boutons sont ouverts et donnent à clyde un brin de décontraction. Clyde est élégant.
Bonnie, précurseur chez les trentenaires se tient à côté de Clyde. Bien droite et discrètement maquillée, cette dernière surveille Clyde et veille à contenir tant bien que mal les propos fougueux de ce dernier. Elle porte tailleur de couleur clair, un châle lui drape les épaules. Bonnie, grande opposante du grand capital a un petit air de bourgeoise (ça je sens que je vais le payer).
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Devant eux, deux tables contenant cacahuètes olives et bière pour une dizaine de personnes. Pas de doute les hostilités ont déjà commencé. Samuel nous relate comment il est sorti vainqueur de son bras de fer avec ses patrons, Pierre nous explique timidement que Samedi il fête son anniversaire en famille. Ivre de colibets, il nous déclare qu’il demandera à sa mère si elle peut acceuillir des bouches supplémentaires. Nous refusons d’une seule voix.
Pierre alpague alors la patronne et commande une tournée, notre entreprise a fonctionné.
Pierre et Sam, tous deux hilares m’informent que Clyde est arrivé avec une mine de chien battu et la patronne au grand cœur s’est empressée de lui faire gracieusement un sandwich. Clyde sourit fier de lui.
Bonnie me vante les mérites de la bière Belge qui vient de m’être servie. Bière qui est d’ailleurs sa préférée. Personne d’autre ne se bouscule pour confirmer ses dires. Tous sont déjà affairés à la dégustation de cette boisson à la robe de miel.
Suivant le mouvement, je porte à mes lèvres ce breuvage inconnu. Les sens en éveil, je m’attend à une expérience nouvelle. Une première gorgée.......une seconde........une troisième, et rien.
Bonnie : "Alors cette bière ?"
Olivier : "Désolé d’être franc, mais c’est de la pisse ton truc. Y’a pas de Leffe ?"
Clyde lève les yeux au ciel, soudain absent de la conversation,
pierre me signifie son désaccord "mais non je l’aime bien moi cette biere",
sam se tortille sur sa chaise riant à pleine gorge.
Clyde me jette une oeillade et peine à garder son sérieux.
Aucun doute. Ils n’ont pas chômé en notre absence.
Les discussions collectives s’amplifient, nos verres entament une ronde parfaitement orchestrée. Seul samuel se retrouve avec deux verres en même temps, il ironise sur sa situation.Ne pouvant laisser une pareille occasion passer, je lui conseil le plus sérieusement du monde d’arrêter de monopoliser la parole et de rattraper son retard. Un petit rire nerveux, et sam se met tel un écolier à accomplir sa tache avec une application non feinte.
La lassitude impreigne nos esprits. Le désir d’un nouveau lieu, d’une nouvelle ambiance et surtout de mets plus consistant que des cacahuètes, sonnent le glas de ce lieu dont nous conserverons l’adresse.
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Dehors l’indécision est collective. Où aller ? La consultation des cartes se révèle périeuse, trop chèr, trop petit, pas envie, etc...
Pierre et sam rencontrent deux jeunes filles, Elodie et Maryse. Je ne connais pas ces dernière, elles font certainement partie d’une collocation de Barbès ou autre, d’ailleurs je ne cherche même pas à savoir, je suis perdu avec toute ces collocations. Le binôme se joint à notre groupe et propose de se rendre chez un italien du coin. Cette proposition fait enfin l’unanimité, je remercie en mon fort intérieur ces dernières.
Notre petit groupe se dirige vers le lieu dit. Le décors est soigné la carte est raisonnable, la salle est pleine. Le patron tout droit sorti de sa botte à l’air furieux de voir huit personnes arriver sans avoir réserver. Il nous remercie sèchement et s’en retourne à ses fourneaux. Il aurait pu nous dire d’aller nous faire foutre que le ressenti n’aurait pas été différent.
Nous battons en retraite.
Les idées farflues ou non fusent. J’entends juste un bruit de fond qui dit "Polonais".
Bonnie profitant d’une accalmie nous parle d’un restaurant polonais non loin. C’était donc elle.
Ayant tous recu son message subliminale, nous acceptons. Un problème et de taille, où est-il.
Clyde dégaine son portable et explique à l’opératrice qu’il cherche un restaurant Polonais à côté d’un Leader Price. Je rigole devant ses explications, et pense déjà à une solution de repli. La sanction tombe.
Restaurant Polonais MAZURKA 3 Rue André Del Sarte 75018 PARIS Tel : 01 42 23 36 45
L’opératrice a accompli un réel miracle.
Clyde fort de notre précédente expérience, appel le restaurant et réserve une table pour huit.
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Le petit groupe se sépare en deux. Les véhiculés et les pédestres. Inutile de dire que les véhiculés après une dizaine de détours réalisés à partir des conseils avisés de Pierre arrivent les premiers.
Nous trouvons la rue, elle est étroite et mal éclairée, au bout sur le trottoir de droite une devanture sombre. L’endroit semble fermé, seul l’enseigne lumineuse invite les futurs convives à se déplacer jusqu’à l’entrée.
Les grilles de la salle sont fermées, les rideaux tirés. Une porte sur le côté de la lumière à l’intérieur. Nous nous regardons le sourire aux lèvres. Personne ne dit rien mais tout le monde le pense fortement. Qu’est ce qui nous attend ?
Pierre se jette. Il tire sur la porte qui lui résiste. De nouveau regards croisés et rires nerveux. Quelqu’un surgit de derrière la porte se baisse et déverrouille le verrou le sourire aux lèvres.
Nous pénétrons dans ce lieu qui déjà restera gravé dans nos mémoires. A gauche dans une première petite salle toute la petite famille est présente, enfants, oncles, tantes, grands parents. Il nous dévisage tous. Les enfants ont l’air de dire : "C’est ca des clients ?".
Le maitre des lieux nous attend les poings sur les hanches. Ce solide gaillard réalise un entrechat pour nous guider vers la salle de droite. Bien plus grande que la première une dizaine de grandes tables sont dressées. Pas le temps de se concerter pour savoir où l’on s’attable que l’index du patron nous désigne une grande table en coin.
Nous obeissons sans broncher. Le patron dans un bon français teinté d’un léger accent nous déclare :
"C’est pour un anniversaire ? C’est bien. SI vous prenez le menu à 21,50 euros je vous mets des bougies sur le dessert.."
Nous restons sans voix devant cet argument commercial hors norme.
"Au fait combien de bougies ?"
ce à quoi je répond naturellement " trente"
Le patron me dévisage. Je conserve mon flegme comme si ma réponse était naturelle. Pierre étouffe son rire et lui dit "trois feront l’affaire"
Samuel est au bord des larmes, il se contient. Son esprit galope et a noté tout le potentiel du lieu. Il cherche à se calmer, regarde la décoration pour vider son esprit. Apparement cela ne fonctionne pas, un fou rire se déclare. Ses mains font prisonnier son visage, et l’arrivée de la seconde partie du groupe enraye sa crise passagère.
Tout le monde est installé. Plutôt silencieux, nous recevons nos cartes, un round d’observation débute entre les convives. Personne ne comprend trop la carte certainement un peu trop exotique.
Bonnie se donne un mal de chien pour tenter d’expliquer les différents mets à tout le monde. Elodie, Maryse et Céline ne se laissent pas attendrir par ses explications. Pour elles ce sera galette de pomme de terre avec sa crème fraiche. Elles échangent regards de conivences et sourires appuyés.
Pour le reste ce sera des menus, il serait en effet dommage de rater les fameuses bougies.
En entrée ce sera hareng fumé et assiettes de charcuteries, puis des sortes de riavolis dont le nom m’échappe et un plat que l’on prononce "KOTLETTE" et qui correspond à des boulettes de viandes. Il faut bien avouer que même dans les menus aucun risque n’a été pris de notre part.
Pour la boisson, ce sera vodka. Un verre, un petit pichet, un grand pichet, finalement ce sera une bouteille. Pour ca au moins pas la peine de discuter pendant un quart d’heure.
Le débat qui suit concerne le gout de la vodka, tout le monde à un avis différent sur la question. Finalement c’est Bonnie qui raisonnera tout le monde. Spécialiste de la Russie, elle nous explique a grand renfort d’explications pourquoi il faut prendre la vodka du bison. Après un bref historique du brin d’herbe se trouvant à l’intérieur de la bouteille, ses arguments ont fait mouche, l’auditoire est conquis, la bouteille est commandée.
De petits toast nous sont offerts, la bouteille est ouverte. Tout le monde est servi. Aussitôt servi, aussitôt bu. L’ambiance se détend, Pierre réclame un second verre, sam aussi, je me sers également. Les autres discutent, regards entendus, le second verre est avalé.
Bonnie nous prend en flagrant délit.
"Hé doucement ! Faut pas boire ca comme ca vous allez être malade. Il faut boire deux verres d’eau entre chaque verre."
Nous nous moquons gentillement.
"Je suis sérieuse, c’est traitre la vodka. Et puis d’abord nous aussi on veut trinquer pour l’anniversaire de pierre"
Une nouvelle tournée est distribuée. Bonnie sert d’office des verres d’eau et s’assure que nous respectons bien ses consignes. De la musique locale est lancée. L’alcool nous réchauffe, le restaurant bien que vide fait son office, le personnel est efficace et sympathique, les langues se délient.
Les entrées sont servies. Le hareng est frais et est apparement délicieux, l’assortiment de charcuterie est très satisfaisant, les galettes sont également bonnes. Les plats chaud suivent. Bien que ces plats nous sont inconnus, le résultat est probant, c’est chaud, c’est bon.
Désormais nous ne cherchons plus de motifs pour boire, la vodka danse autour de la table, de même que les pichets d’eau. Nous respectons scupuleusement les consignes de Bonnie.
Au milieu du repas la musique s’estompe. Elodie lance a l’assemblée "hé vous pouvez tourner la cassette". Rire général. Bonnie prend le relais fredonnant comme si elle était seul un air lointain.
Le restaurant a beau être plein exclusivement de nos personnes, il n’en demeure pas moins non fumeur. Nos drogués sont obligés de se rendre à l’extérieur provoquant un petit moment de flottement dans la soirée.
C’est à ce moment que notre hote apporte les desserts. Celui de Pierre en premier sur lequel sont juchées trois bougies. Une des filles du patron amène la fameuse assiette pendant que ce dernier armé de sa guitare entonne un tonitruant joyeux anniversaire. Dommage que la moitié de l’assemblée soit en train de fumer.
Les fumeurs nous rejoignent en même temps que le reste des desserts. Il faut avouer qu’ils sont plutôt bons et copieux.
Manu nous rejoint enfin. Il faut dire que le pauvre a tenté d’appeler Pierre une bonne vingtaine de fois pour savoir où avait lieu les festivités. Pierre en bon distrait avait coupé sa sonnerie de téléphone et avait laissé ce denrier vibrer au fond de son manteau.
Clyde soucieux d’acceuillir au mieux le nouvel arrivant tend la bouteille de vodka à Samuel afin que celui-ci assure le service. SAM s’empare de la bouteille et entreprend de la déboucher. Celle-ci lui résiste. Bien décider à en venir à bout, samuel armé d’un morceau de son polo emprisonne le bouchon et tente de dévisser ce dernier. Samuel a beau employer toute sa force, bander ses muscles, exercer une pression constant lors du dévissage rien n’y fait.
Clyde devant le désarrois de son ami intervient : "ya un chouci cham ?"
SAm dépité du résultat lui tend la bouteille afin que Clyde tente sa chance. Clyde explose alors de rire, les convives stoppent leurs conversations et regardent Clyde qui dans un ultime effort déclare : "ya pas d’bouchon".
Sam ainsi que nous autres éclatons également de rire.
Manu seul lucide, sert alors les verres et commande une nouvelle bouteille. Cette dernière est ammenée prestement. Bonnie & Clyde sentant leur limite proche déclarent forfait, après un demi verre je décide également de jetter l’éponge. Néanmoins rien ne semble arrêter Elodie, Samuel et Pierre. Manu récemment arrivé honore comme il se doit la nouvelle venue.
*****
L’esprit embrumé, l’estomac gonflé d’eau et de nourriture, nous quittons la MAZURKA, le retour se fait chancelant.
Pierre, Samuel, Elodie et Maryse, regagnent à pied le boulevard Barbès en direction de la collocation, il y a fort à parier que ces quatre là n’ont pas fini leur dégustation.
Céline, moi, Bonnie & Clyde regagnons la voiture garée quelque part dans une rue. Heureusement Céline a fait la soirée à l’eau et retrouve notre moyen de locomotion. Nous autres sommes vaseux. Nous nous installons, la voiture démarre. La route nous parait très dégradée, chaque impact secoue le cocktail explosif bien a l’abri dans nos entrailles. Chaque changement de direction, chaque accélération, chaque freinage est un suplice.
Soucieux de ne pas laisser des amis en détresse, la décision a été rapidement prise de ramener nos tourtereaux en bas de leur immeuble.
Les filles sont silencieuses et les hommes bavassent : pierre.......anniversaire.....vodka....... Clyde dit soudain à Céline : "oh putain arrête toi".
Moment de flottement.
Effluves.
Stationnement.
Je gicle de la voiture afin de laisser sortir Bonnie qui était prisonnière à l’arrière. Cette dernière sort. Trois pas. Elle vomit, s’arrête, puis recommence, s’arrête et récidive.
A l’arrière Clyde fait le ménage tant bien que mal, une bouteille d’eau a été donnée à Bonnie. Moi je ne fais rien, je constate avec stupeur l’étendue des dégats. Bonnie s’est retenue tant qu’elle a pu, mais n’a malheureusement pas résisté.
Dubitatif devant la quantité du renvoi une conclusion s’impose à moi. Bonnie a eut du rab !