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Nouvelle

Le titre reste à déterminer

lundi 15 octobre 2007, par Anais


Exercice de pluie...

Comme Samuel se fait attendre pour nous livrer sa suite d’histoire, je propose un autre jeu : exercice de pluie. En fait, j’aime la pluie et je veux écrire un petit quelque chose à son sujet pour un motif secret que je ne peux vous révéler pour le moment et peut-être jamais d’ailleurs. Alors, j’ai quelques ébauches ici et la mais pourriez vous me dire vos opinions sur l’une ou l’autre et si ça vous inspire pour en proposer d’autre, on pourrait se faire un duel de pluie où toutes les goutes sont permises !

Tous à vos nuages !

1.

Aujourd’hui, Lila au réveil a manger du verre. Elle a ouvert ses deux yeux comme un seul au premier vibrement de son portable. Penchée sur un matin blême que lui reflète sa tasse de café, elle laisse son visage dans la fumée bienfaisante du Brésil Carte Noir. Après cet instant béni, la tourmente du doute l’assaille à nouveau : elle s’assoit devant son frigo ouvert et se plonge dans les options d’avenir : fruits rouges à dégeler puis faire fondre dans un yahourt, céréal au lait ou le couple pain-confiotte traditionnel mais pas light ? L’oracle du frigidaire respectueux de la métaphysique du petit dej lui conseillera le jeûne. Elle rabat donc la portière et retourne s’assoir à la table, attend. "Je suis une cage aux malheurs" pense t’elle sans conviction."Et j’ai perdu clef."

Aujourd’hui, Lila au réveil a manger du verre. Elle a lassé ses chaussures avec les cordons d’un pendu après avoir bien égoutté son cœur dans le saladier de l’amour, tant et si bien qu’il est sec, d’où notre intérêt prononcé pour la pluie_vous l’aurez compris je parle au nom de Lila et moi-même. Un certain temps s’écoule dans les veines du monde. Elle va sortir son parapluie rouge flambant neuf, lui faire voir Paris. Comme il pleut, elle se sent accompagnée. La voila dehors. Elle marche au niveau du faubourg Saint-Antoine, observe furtivement les visages baissés. Préssés chaucn semble oublier le plaisir d’une bonne pluie sonnante et trébuchante.

Un peu barbé le lecteur tourne la page.

Plus tard quand il fit noir, dans la furie des lumières prostituées, dans la furie des caisses de métal hurlant. Toujours la même question : où est donc passé cette foutue vie dont tout le monde parle sans cesse ? Est-ce qu’elle se serrait fourré dans les mécaniques compliquées et roulantes de l’horloge publique ? OU bien, s’expose-t-elle au grand jour, dans la rue parallèle à celle-ci qui vaque plus tranquillement à ses menus rien de la vie de quartier ? Ou serait-ce la figure du clochard ? La vie dans la constance du Monsieur du métro avec son gros cien sâle mais gentil ? Soudain, elle se dit que peut-être la vie est dans l’arrêt de ce tapage absurde circulant, klaxonnant, piétinant qui tapine sur le trottoir de l’existence en échange d’un peu d’espoir : Le tapage annône devant la mort : "hey ! Chéri ! Tu veux pas m’oublier ?"

Le lecteur qui s’appelle X s’arrête pour aller pisser en revenant, il reprend plusieurs lignes plus loin sans se choquer de son manque de concentration nous continuons avec lui au moment où le personnage de l’amantmi-sémite, mi-normal s’élance vers une pluie diluvienne :

Il ramasse ces longues franges noires de filet de cils que certains juifs ont à se coltiner en plus du grand nez. C’est pas pratique, ça empêtre le regard ! On finit par s’emmêller les pupilles et voir la vie en noir. Une fois les filets ramassés, il relève fièrement la tête et s’engouffre dans la pluie:Le ciel friand d’intimité avait fait tiré sur lui son rideau cotonneux. Sur ce plafond de sable se dessinne les figures d’un rhinocéros , d’une baleine ou d’un clown. On efface et on recommence ! Comme le jeu pour enfant, vous vous souvenez ? L’amant très touché de tant de bonté divine se met à prier pour la pluie qui l’avait bien mérité. Elle accepte ses compliments et redouble de générosité. Tant qu’elle peut, elle abonde les trotoirs et innonde les champs, tant qu’elle peut, elle adoucit les formes des collines et des monts mais fait pointer les seins des femmes étoudies. La lumière tamisée, des perles noires déferlent maintenant sur l’amant au grand coeur dont tous serait jaloux. Il en demande encore et là sous les tambours battant d’un tonnerre, puis deux, puis trois, le rythme s’accélère, la terre s’amollit, l’horizon s’étrécit quand le ciel s’alourdit. En effet, il n’y tient plus : tout éclate, ça y est ! Un orgasme. En un mot tout est dit. Les cris déchirants des tonnerres zigzaguent savamment sur la peau paresseuse d’un ciel mal essoré, plein encore de désirs de nuages qui naitront de l’Union. L’amant reconnaissant, baigné d’électricité, en salive de plaisir. Une réponse est enfouie dans ces dentelles de gouttelettes, juvéniles et volages, qui finissent leu ouvrages et laissent bientôt la place aux escargots gourmands.

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